Pantheisticon

L’antidote au Da Vinci Code !

Texte intégral présenté par Antoine Peillon.

Double ISBN : 2-915651-46-9 (Le Bord de l’Eau) et 2-35218‑004-X (La Luminade). Gencod :  9782915651461.

Rayons : Philosophie, Histoire, Sciences, Écologie, Religion, Franc-maçonnerie, Ésotérisme.

            John Toland (1670-1722), philosophe irlandais, libre penseur, républicain, espion britannique sur le Continent, précurseur de la franc-maçonnerie, fondateur du Druid Order, inventeur du panthéisme, eut une influence majeure sur toutes les Lumières européennes, notamment sur La Mettrie, Voltaire, le baron d’Holbach, Buffon et Diderot, lequel puisa dans l’œuvre radicale et souvent clandestine du Britannique l’essentiel de son « matérialisme enchanté ».

Certes, le grand Paul Hazard (La Crise de la conscience européenne, 1961), le reconnaissait comme champion de la diffusion massive du déisme en Angleterre et le joignait à Locke comme l’une des deux sources principales des Lumières. Mais l’Histoire est parfois oublieuse des génies de cette trempe ! « Toland ? Bien oublié, Toland ! Cependant, ce fut un philosophe dangereux pour son époque… », s’exclamait, en 1926, Albert Lantoine, en ouverture de sa formidable étude du philosophe panthéiste, la seule publiée en français jusqu’à ce jour.

Le Pantheisticon, sans doute tiré à seulement cinquante exemplaires, à Londres, en 1720, fut distribué, de la main à la main, par son auteur à ses amis (Free-Thinkers, francs-maçons, déistes, matérialistes ou libertins anglais) et naturalistes de toute l’Europe des Lumières. Ouvrage le plus « engagé » de Toland, mettant en scène un banquet philosophique à la façon des « Anciens » et des agapes maçonniques, le Pantheisticon développe les idées scientifiques, morales, politiques et métaphysiques les plus avancées de son époque. Dépassant tout à la fois Newton, Locke et Spinoza, qu’il connaît mieux que tout autre, Toland offre ainsi à ses contemporains (dont les plus illustres philosophes des Lumières), la profession de foi radieuse et vitaliste d’une laïcité républicaine et de l’écologie avant la lettre.

Antoine Peillon, historien et philosophe de formation, longtemps journaliste, fabricant de presse et syndicaliste, est passionné par l’étude des « Lumières radicales » qui fondèrent, dès la fin du XVIIe siècle, la modernité européenne, voire l’essentiel de la pensée républicaine et laïque des XIXe et XXe siècles français. Il travaille actuellement sur les sources ésotériques des idéologies progressistes contemporaines (positivisme, solidarisme et socialisme).

« La rumeur court chez certains Illuminés : John Toland fut la réincarnation de Zoroastre, de Pythagore, de Moïse, de Lao-Tseu, de Jésus le Nazaréen ou de l’Enchanteur Merlin, voire de Giordano Bruno et de Descartes. Quant à Spinoza, s’il n’était pas mort en février 1677, sept ans après la naissance de notre homme, il aurait fait aussi un parfait antécédent par métempsycose… En aval de cette généalogie héroïque, les mêmes cherchent des successeurs dignes de ces « grands initiés » : Kant ? Trop triste ! Auguste Comte ? Trop long ! Marx ? Trop prosaïque ! Nietzsche ? Pourquoi pas, mais trop fou ! Bergson ? Trop bourgeois ! Heidegger ? Trop vert-de-gris ! Einstein ? Ah, Einstein, cela pourrait encore se discuter. Quant aux éclairés Voltaire, d’Holbach et Diderot, comptons-les plutôt parmi les disciples, les petits frères.

            Mage, philosophe, aventurier, cosmopolite certainement, franc-maçon sans doute, et grand druide de toute façon… : l’auteur du Pantheisticon avait, il est vrai, tous les attributs du génie, dans tous les sens du terme. Des géants de cette trempe, les siècles sont certes jaloux, mais l’Histoire est parfois bien oublieuse ! « Toland ? Bien oublié, Toland ! Cependant, ce fut un philosophe dangereux pour son époque… », s’exclame Albert Lantoine, en ouverture de sa formidable étude du philosophe panthéiste (1).

            Alors, amie lectrice, ami lecteur, buvons à la renaissance de John Toland, alias Janus Junius Eoganesio ! Et demandons, tout d’abord, que ce soit « à petits coups ». Car, depuis peu, en France, grâce à la passion érudite de quelques universitaires (2), les œuvres du libre penseur tombent comme à Gravelotte, et ce n’est que justice :

–     Les Raisons de naturaliser les Juifs, publiées en 1714, présentées et traduites pour la première fois en français par Pierre Lurbe, aux PUF, en 1998 ;

–     le Clidophorus, ou Porte-clefs, élégamment présenté et traduit de l’anglais par Tristan Dagron, aux éditions Allia, en 2002 ;

–     la Constitution primitive de l’église chrétienne, publiée dans sa version anglaise originale posthume de 1726, présentée et traduite par Laurent Jaffro, chez Honoré Champion, en 2003 ;

–     les Lettres à Serena et autres textes, écrits en Allemagne en 1701-1702, édités par Tristan Dagron, chez Honoré Champion, en 2004 ;

–     le Christianisme sans mystères, publié en 1695 (3), remarquablement édité par Tristan Dagron encore, chez Honoré Champion, en 2005 ;

–     les Dissertations diverses, enfin, manuscrits de 1710 édités par Lia Mannarino, toujours chez Honoré Champion, en 2005.  Il ne manquait, jusqu’ici, que le Pantheisticon (1720), qualifié pourtant par tous les connaisseurs d’« œuvre maîtresse » du philosophe d’origine irlandaise.

(…)

Notre édition d’une traduction française du Pantheisticon datant certainement du XVIIIe siècle suit celles de Lantoine (Paris, 1927) et de Welsh & Dubois (Liège, 1927 aussi), les seules qui furent intégrales depuis 1720. Pierre Lurbe a considéré que celle de Lantoine était la meilleure, suivant « dans ses grandes lignes la leçon de tous les manuscrits consultés (dans des grandes bibliothèques françaises : BN, Mazarine, Sénat, Angoulême, Cherbourg, Vire), tout en étant cependant en général plus fiable ». Je partage cet avis, mais j’ai tout de même relevé, et corrigé, quelques distorsions importantes entre cette traduction et l’original latin de 1720, comme le fit d’ailleurs déjà, certainement, Lantoine en son temps. Pour ne citer qu’un seul exemple, « Modiperator » a été systématiquement traduit par « Président » chez Lantoine, alors que « Modérateur » me semble convenir très bien.

            Pour ce travail, j’ai utilisé aussi la traduction en français des Frères H. Welsch et H. Dubois, de la Respectable Loge La Parfaite Intelligence et l’Étoile Réunies (Orient de Liège, Belgique), qui est souvent littérale mais peu exacte, ainsi que la remarquable traduction en italien d’Onofrio Nicastro et Manlo Iofrida (Pise, 1996). Enfin, un rarissime exemplaire de l’édition originale, issu du premier des trois tirages connus (noté « A » par Giancarlo Carabelli, le bibliographe de Toland, qui donne la date du 30 octobre 1720 pour l’impression), m’a permis l’indispensable « retour aux sources », sans lequel il n’est pas d’authenticité .« 

Antoine Peillon

Auteur : Antoine Peillon - Ishta

Carte d'identité des journalistes professionnels n° 56057 / ishta.fr + longsformats.com + cogito.tv + antoinepeillon.com + laluminade.com

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :